Livres augmentés

27 novembre 2010, 19h34 (Il y a 1 an)

À propos de présentations numériques de livres, j’aimerais vous présenter le travail de Camille Scherrer, qui propose une extension virtuelle à son livre. On pourrait qualifier l’ensemble de “livre augmenté”, puisque c’est une application des techniques de réalité augmentée sur un objet livre. En cherchant un peu sur les moteurs de recherche, on tombe facilement sur l’oeuvre de Marius Hügli et Martin Kovacovsky, Jekill und Hyde (un classique revisité), similaire mais qui va plus loin dans l’interactivité.

Je vous laisse donc découvrir la présentation de Jekill und Hyde (le plus intéressant est à la fin de la vidéo) :

Et celle du Monde des Montagnes, de Camille Scherrer1, que je trouve personnellement plus poétique (vous trouverez une meilleure vidéo et une démonstration de son premier livre augmenté, The Haunted Book, sur son site) :

Nous sommes ici à mi-chemin entre le livre numérique et le livre tangible. L’objet et le programme ne se contentent pas de coexister ; le deuxième dépend du premier. Ce sont les gestes que nous avons sur l’objet physique qui agissent sur le multimédia.

“We always wanted to design a book with AR, because it is a nice way to combine analog feeling with digital content.” 2 (M.Kovakovsky)

Cependant, la présence de l’écran se fait gênante. On est invités à regarder le moniteur alors qu’on tient un beau livre dans les mains…

On constate aussi une certaine uniformité esthétique dans les trois ouvrages : ombres qui passent par-dessus les pages, éléments qui s’ajoutent aux images du livre, jeux d’ombres… Est-ce dû à la technologie employée ? Je me suis donc documentée sur le plan technique, et il se trouve que les trois sont fabriqués avec le même logiciel, Unifeye Design.3 Pourtant, de la bouche du créateur même, la technologie est voulue le plus transparente possible :

“But still it [Augmented Reality] is just a tool which should be used cleverly, and not get more attention than the main content. Too Many AR project we know are more a demonstration of technology than giving benefits to a product.” 4 (M.Kovakovsky)

Vos avis ?

1 Pour aller plus loin, voir l’interview de Camille Scherrer sur le site de Télérama
2
et 3 Voir l’interview de Martin Kovakovsky (en) sur le site augmented-reality.fr
4Unifeye Design, Software by Metaio // notez au passage la licence à 3000€, qui laisse supposer qu’ils sont probablement en situation de monopole…

Octombulation

3 novembre 2010, 15h31 (Il y a 1 an)

Pour rester sur mes découvertes du Salon Light#7, voici une présentation d’une publication plutôt originale, L’Octombule.

Ce journal se présente sur un format “poster” (A2 ?) pour le moins inhabituel - certes pas le plus pratique pour lire dans le métro aux heures de pointe. Pourquoi ce mode de publication ? On pourrait penser aux affichages municipaux d’un autre temps, appels et autres actualités collés aux murs dans le bourg. Et ce serait une bonne piste. En effet, l’esprit “village”, c’est l’essence même de ce journal : la rédaction est collaborative et plus ou moins locale, la distribution se fait à la criée et le prix au chapeau. La diversité des auteurs à la démographie expansive et des styles de textes hétérogènes (de la proposition d’ordre mathématique à l’écriture poétique truffée de jeux de mots) font de L’Octombule une aventure humaine avant tout.

Si le contenu est principalement littéraire, la forme n’en est pas délaissée pour autant - bien au contraire, même. A chaque numéro correspond un thème (“10”, la girafe, le rire…) suivi aussi bien par les textes que par le graphisme. La mise en page s’adapte à chaque fois, avec quelques trouvailles bien senties. Je suis complètement fan du numéro sur le thème du labyrinthe, qui ne se lit que par transparence :


Octombule #9 recto, par transparence // Octombule #9 verso, opaque

Octombule dont le nom est d’ailleurs tiré de celui d’Octon, fief rural du territoire des Vaillergues, situé quelque part entre Béziers et les Cévennes. Ça vous éclaire ?

Alors je devrais peut-être vous parler de l’Attribut des Vaillergues. Késako ? “Une association loi 1901 dont l’objet est d’animer et de développer la vie sociale et culturelle du territoire des Vaillergues et au delà”, nous dit le site officiel. Une présentation simple et honnête de cette petite tribu de créateurs sans prétentions, créateurs de lien social et/ou créateurs artistiques, en tout cas philanthropes. Utopistes ? Surement, un peu : il y a quelque chose d’idéal dans cette description du village d’artistes solidaires à la vie rythmée par l’accordéon, les puces d’art et le cri des girafes en terre rouge :)

Quoi qu’il en soit, nous avons là à n’en point douter une revue d’artiste(s), aussi bien par sa démarche que par sa réalisation.

Filez lire le journal de minuit et des poussières
(les numéros épuisés sont consultables en ligne)

Rien d’important

23 octobre 2010, 20h28 (Il y a 1 an)

Qui n’a pas connu les méandres labyrinthiques des administrations et leurs traitements maupiteux de nos dossiers ?
Qui ne s’est jamais vu réduit à un simple code, sauvagement astreint à des cases inappropriées, aux appellations avilissantes ?
Qui n’a jamais entendu ces doux mots “Veuillez patienter, un conseiller va prendre votre appel” ?

J’aimerais vous présenter Rien d’important, mon coup de coeur numéro 1 du salon des micro-éditeurs de la publication d’artiste (Salon Light#7)


Credit Y.Maïm *cc-by-nc-sa*

Rien d’important est la revanche grinçante d’une jeune artiste, Yaël Maïm, contre ces fameuses absurdités administratives et autre traitements attaquant la dignité humaine. Fiction nourrie d’éléments autobiographiques, l’histoire part de son vécu et se réapproprie les attributs paperassiens de son ennemi juré - le “burophile”, ce pervers du feuillet. L’artiste nous livre une nouvelle au traitement graphique intéressant, où se mêlent un texte plein d’ironie, des dessins flirtant du côté du surréalisme et des fiches de déclarations revisitées à la main. Du journal intime au livre d’artiste.


Plongez dans ces histoires administraffectives : Rien d’important


Note : Les créations de Yaël Maïm sont mises à disposition sous un contrat Creative Commons, choix qui est bien la preuve d’une position réfléchie sur un travail d’artiste, et pour moi un gage de qualité ! Visitez donc le bureau des Affaires Administraffectives (son blog), pendant que vous y êtes, y’a bon :-)


PS : Si vous n’avez pas encore déclaré votre trimensualisation auprès de l’AGRIFEOIFFD ou de la Caisse Nationale des SNEF, nous vous prions de vous conformer à la circulaire B.471 et de nous renvoyer votre dossier dûment complété avant le 23 octobre 2010 (cachet de la poste faisant foi) - aucun duplicata ne sera délivré. Passez une bonne journée et transmettez nos amitiés à votre belle-mère.

*Note dedicated to Bagatel :)*


Bonus : Ce billet ne peut se clore autrement que par un extrait approprié des 12 travaux d’Asterix…


Les 12 Travaux - Caricature administration

Des conséquences de l’usage intensif d’internet sur nos facultés intellectuelles

13 octobre 2010, 23h07 (Il y a 1 an)

Aujourd’hui, lorsqu’il fut question dans un de mes cours de livre numérique et d’avenir du livre, j’ai repensé à ce vieux brouillon sur le piège du web que j’avais commencé cet été. J’ai décidé de le publier tel quel (d’où l’étrange note finale), afin de revenir sur cette idée de “Cerveaux 2.0” alors laissée en plan. Vous le trouverez juste en-dessous de ce billet ; il est à lire comme une introduction.

—-

On entend de plus en plus parler de “perte de la lecture”, de “dictature de l’écran”. L’idée - qui date déjà un peu - serait qu’en étant constamment exposés aux écrans, à la surenchère d’informations et au zapping, les gens perdraient progressivement de leur capacité de concentration sur un même sujet, et la lecture de longs textes deviendrait fastidieuse - c’est notamment la théorie que soutiennent ceux qui annoncent la mort du livre.

En me positionnant en spectatrice de mon propre usage d’internet, il me semble que l’idée n’est pas tout à fait fausse - je reconnais avoir du mal à lire “réellement”, de A à Z, les longues pages web, même lorsque le sujet me passionne (comme, par exemple, cet article sur la sérendipité en informatique) Il faut avouer que la non-mise en page doit jouer pour beaucoup, aussi. Quoi qu’il en soit, il me semble qu’effectivement l’usage d’internet modifie mes capacités de concentration.

Cependant, cet usage - intensif, je le reconnais - fait appel à d’autres capacités : celle, par exemple, de la lecture “rapide” ou “en diagonale” (ma mère me dit parfois : “tu vas trop vite ! tu as vraiment le temps de lire tout ça ?” au défilement d’une page web) C’est un fait : lorsqu’on cherche une information précise et qu’on a disposition plusieurs longs textes, on développe rapidement des habitudes de “traque”, où l’oeil ne lit pas les mots un à un mais “capture” l’ensemble, et ne s’arrête que lorsqu’il rencontre un mot en résonance avec le sujet recherché. C’est finalement une méthode très intuitive. De même, la simplification d’idées complexes en mots-clés efficaces, la capacité à mettre en lien différentes informations, à en multiplier les sources… sont des capacités dont le développement est certainement facilité par l’usage d’internet.

Alors, certes, la lecture approfondie et constante m’est difficile, tandis qu’elle m’était aisée il y a quelques années… Mais, en échange, je peux savoir en un clin d’oeil si le texte que j’ai sous les yeux est intéressant ou non - et, vu la quantité d’informations qu’on peut trouver sur le web, c’est loin d’être négligeable. Je me suis donc adaptée aux besoins qu’internet a fait naître. Vers une évolution de la lecture ?

J’aimerais beaucoup avoir des retours sur les habitude de fonctionnement des usagers d’internet. Cet article reste très subjectif, même étayé de liens sur le sujet… (on ne perd pas les bonnes habitudes !)

» A lire sur le sujet : Est-ce que Google nous rend idiot ? traduction sur le Framablog d’un article de Nicholas Carr, et la réaction de Monique Dagnaud sur Telos (tiens donc, il est question de sérendipité là encore… décidément…), ainsi qu’un débat audio sur le site de Télérama.

PS : évidemment, lorsque je parle d’usage d’internet, je ne parle pas de facebook ni d’msn… Par contre, pour Twitter, il me semble que c’est au contraire dans le vif du sujet ! Quel meilleur moyen d’obtenir de nouvelles sources d’informations autour des sujets qui nous préoccupent ?

PPS : Pardon pour le titre barbare/barbant… Je mettrai des images la prochaine fois :))

Le piège du web

13 octobre 2010, 22h59 (Il y a 1 an)

—- post-publication (billet datant de juin) —-

L’évolution du rat de bibliothèque, c’est le webovore.

Je suis une geek, c’est un fait. Il n’est pas rare que, certains soirs - surtout quand j’ai beaucoup de boulot à abattre et pas une once de courage - je me retrouve à pas d’heure en train de surfer d’article en article, de blog en blog, prise au piège de ma boulimie.

Le web est fourbe : il ne t’apporte pas de réponse, mais il documente et élargit le sujet à chaque clic. C’est comme ça que tu te retrouves à 3 heures du mat avec une cinquantaine d’onglets ouverts (hiérarchisés dans une barre latérale grâce à l’extension Firefox TreeStyleTab, merci Chaton), couvrant des sujets aussi divers que l’histoire de la vache qui rit, “Les filles sont nulles aux jeux vidéos” sur ecrans.fr, la féminisation du vivant (un reportage arte), les scripts de galerie jQuery, le clip de Kid Cudi Pursuit of Happiness, une vidéo sur une députée qui a pris la place d’une caissière pour une journée, un billet d’humeur hilarant de Pénélope Ioudgine, le wiki sur l’installation d’une Debian sur un macbook, les paroles de la chanson “Bang Bang”, de la BD chez manu-xyz, un article poptronics sur les affiches de Chaumont 2010, une présentation de l’html5, et d’autres…

Hmm, qu’est-ce que je cherchais, déjà ?

*Ce qui m’inquiète c’est que mon raisonnement suit généralement ce fonctionnement “en réseau de connaissances” : ça peut être un atout lorsqu’il s’agit d’ouvrir le débat comme un gros problème lorsqu’il s’agit de présenter un raisonnement logique sans déviation d’une problématique pré-tracée genre commentaire de texte… Cerveaux 2.0 ?*

Tags :  #penser  #société  #web 2.0

Profession de foi

18 février 2010, 22h49 (Il y a 2 ans)

Quel métier voudriez-vous faire ? Dans l’idéal, que feriez-vous de votre vie ?

Je voudrais être chercheuse. Chercheuse ès vie.

Expérimenter toujours, sans cesse (re)découvrir des choses, dans un apprentissage perpétuel. Passer mon temps à collecter des sensations, des questions, des ressentis, des souvenirs, et les transformer, les réutiliser, les faire sortir sous de nouvelles formes.

Que si un jour j’ai envie d’apprendre l’hébreu ou de passer 43 jours d’affilée à énumérer tout ce qu’on peut faire avec juste un oeuf, ça fasse partie de mes recherches. Que toutes mes expériences de (la) vie soient des recherches. Ce serait un boulot acharné, n’allez pas croire que c’est un rêve de flemmarde.

Un médiateur entre la vie, le quotidien, et l’humain, ses questions existentielles. Une machine à s’inspirer qui moulinerait en continu tout ce qu’on lui donne à voir/entendre/sentir/comprendre.

Philosophe ? Artiste ? Globe-trotter ? … professionnelle : voilà, c’est ça que je veux faire de ma vie. Tout ça. Rien que ça.

Comment conjuguer rêve et réalité ? Je sais bien que ça ne pourrait pas être un métier. L’essentiel d’un métier serait d’être utile à la société. Pourquoi rémunérer une activité inutile à la communauté ? Toute la problématique réside dans le terme « d’utile »…

Serait-ce une preuve d’égocentrisme ? Suis-je égoïste ?

Dans mon monde idéal, on aurait tous le même rapport gourmand à la vie, cette curiosité insatiable de l’humain, ce besoin de toujours chercher. Dans mon monde idéal, notre principale activité serait le partage : on échangerait nos découvertes, on se nourrirait les uns des autres, on en apprendrait tous les jours en construisant un réseau de personnes qui ont des axes de recherches (de vie !) communs. Dans une telle utopie, toute expérience de vie serait donc « utile » à la communauté.

Mon monde idéal est-il si loin de la « vraie vie » ?

Je vous laisse y réfléchir, je vais refaire mon CV pour postuler à Ikéa cet été.

Des nouvelles du front

13 janvier 2010, 20h08 (Il y a 2 ans)

Bientôt, ici, tout plein de trucs !!!

En ce moment c’est charette sur charette, avec partiels et nuits blanches en prime >< Donc bientôt il va y avoir un arrivage de projets, images et dossiers, c’est cool non ?

En attendant je vous laisse avec mon dossier de socio (100 Sexes d’artistes : Par delà la polémique) Le dossier est pas top (genre, 5 pages torchées, et 25 d’annexes ho ho ho) mais par contre l’oeuvre est sympa, je vous encourage à aller voir sur le site de Jacques Charlier pour tenter le quizz’art (identifier à quel artiste correspond chaque caricature… ah ah, pas si facile !) Alors, combien ? :)

PS : merci Alivia pour issuu, c’est super c’truc :)

10 décembre 2009, 23h19 (Il y a 2 ans)
"Journal extime"

GNU/Linux

11 septembre 2009, 13h05 (Il y a 2 ans)

Je viens de me rendre compte que je communique très peu, sur ce blog, autour d’un sujet qui pourtant me tient à coeur : le Libre. Ne serait-ce que donner un aperçu de ma liste de fils RSS… Il y aurait tant à dire. Ne serait-ce que sur Linux… En même temps si je me lance il sera difficile de s’arrêter !

Je n’ai jamais donné réponse à cette grande question hautement commentée sur tous les blogs de geeks qui se respectent : qu’est-ce qui fait que je préfère GNU/Linux (pour plus de commodités nous dirons Linux, n’en déplaise aux puristes) à Windows ? Et pourquoi Ubuntu plus particulièrement ? Je ne vais pas faire une dissertation, mais voici néanmoins quelques pistes de réponse (non exhaustive, et pas forcément dans cet ordre) :

> La personnalisation : Linux, quelle qu’en soit la distribution [euh… voir wikipedia] me permet d’avoir un système correspondant au mieux à mes attentes, puisque la seule restriction à ma customisation est ma connaissance technique. Ainsi mon système d’exploitation fonctionne comme je le veux, selon MA logique et non celle imposée par une entreprise. Ce qui a pour principal inconvénient que les gens détestent utiliser mon pc qui adopte un comportement parfois… surprenant. :) Nous ne devrions pas être esclaves de la technologie, s’adapter à elle. Ne pas perdre de vue que c’est un outil : si un marteau a un manche trop long, vous pouvez le scier pour le raccourcir. Linux, c’est pareil. Nous n’avons pas tous les mêmes mains, nous n’avons pas tous le même fonctionnement. Vive la diversité !

Ne nous méprenons pas, cet article n’est pas un appel à la conversion en masse ! Linux ne conviendrait pas à tout le monde ! Il y a des personnes qui sont tout à fait windows-minded, d’autres qui seraient plus mac dans le rapport à la technologie… J’appelle en revanche à considérer les alternatives existantes. Pour ne pas être esclave, il faut avoir fait un choix. Et choisir ne peut se faire qu’en connaissance des autres possibilités. Tout le monde devrait pouvoir tout essayer. Mais ce choix doit prendre en compte d’autres éléments que le fonctionnement…

> La philosophie : je vais essayer de faire le plus court possible. J’ai lu, je ne sais plus où, un discours de mon maître spirituel, le barbu Richard Stallman, dans lequel il comparait le logiciel libre et la cuisine. Un exemple qui m’a parlé, forcément :P Calquons la tarte sur le modèle du logiciel libre. Vous avez une super recette de votre grand-mère. Vous êtes libres de partager cette recette avec qui vous voulez (la mettre sur marmiton.org ou sur votre blog ^^), y apporter toutes les modifications que vous voulez puis la redistribuer à volonté. Sur le modèle du logiciel propriétaire, vous n’avez pas accès à la recette, vous payez une tarte déjà faite et, que la tarte soit excellente ou immonde, vous ne pourrez pas la refaire, l’améliorer à votre goût, filer la recette à vos amis. C’est verrouillé, c’est “privateur” (dirait maître RMS) Donc, en résumé, voici les “libertés fondamentales” du logiciel libre selon la Free Software Foundation :

  • Liberté 0 : La liberté d’exécuter le programme — pour tous les usages ;
  • Liberté 1 : La liberté d’étudier le fonctionnement du programme — ce qui suppose l’accès au code source ;
  • Liberté 2 : La liberté de redistribuer des copies — ce qui comprend la liberté de vendre des copies ;
  • Liberté 3 : La liberté d’améliorer le programme et de publier ses améliorations — ce qui suppose, là encore, l’accès au code source.

> Ce qui m’amène au point suivant : la communauté. C’est un point capital lorsque vous passez du côté du Libre :) En effet, les linuxiens sont des humanistes -à mon sens, et en généralisant bien sûr-. Ils entretiennent la philosophie précédemment exposée (Linux est-il communiste ? C’est un débat.), se battent (ou trollent ^^) pour des idéaux (utopistes ? Possible. J’en suis.) C’est un grand réseau d’entraide, et ce n’est pas que virtuel : on voit fleurir ça et là des “clubs” de linuxiens, des rendez-vous du libre, on les voit même présents aux grands événementiels (salons, foires, fête de l’Huma… euh, ahem oui, ça fait communiste dit comme ça ^^) En bref, lorsque vous débarquez dans le grand inconnu qu’est le monde libre, vous trouverez toujours quelqu’un -sur les forums, sur les chats- pour répondre à vos questions, aussi bêtes soient-elles, aussi pointues soient-elles. Mais vous aurez la présence d’esprit de RTFM [Read the fucking manual (littéralement : « Lire le foutu manuel »)] avant de poser vos questions, car la communauté a rédigé des pages et des pages de documentation on-ne-peut-plus-utile. Un petit tour sur La Doc d’Ubuntu-fr et vous trouverez certainement de quoi vous guider.

> La sécurité : Pas de virus, pas de trojans, pas de petits logiciels qui viennent vous espionner… Quand il y a un bug ou de mauvaises intentions (?!) dans un logiciel, étant donné que son code source est ouvert à tout le monde, tout le monde peut le voir, c’est donc corrigé dans un laps de temps infime comparé au temps nécessaire aux systèmes propriétaires pour qu’ils sortent des correctifs ou des mises à jour (quand ils le font !)

> La simplicité : bon là, je vais me faire taper sur les doigts. Nombre de personnes voient Linux comme un système tout sauf simple. Et pourtant je vous l’assure, quand on n’a aucune expérience de l’ordinateur, une distribution dite “accessible” (user-friendly) comme Ubuntu est bien plus simple qu’un Windows !!! Et si on est capable de se débarrasser facilement de ses habitudes windowsiennes, le passage à Linux est une véritable bouffée d’air. Un exemple ? Je cherche un logiciel pour lire ma bibliothèque musicale :

  • Ubuntu : Applications > Ajouter/Supprimer des programmes*> Rechercher : lecteur audio > Je choisis un lecteur dans la liste des programmes décrits > Un clic sur Installer. Mot de passe, et hop, c’est fait. Ubuntu me proposera de mettre à jour automatiquement le programme à chaque fois que les mainteneurs publieront des mises à jour. So easy.
  • Windows : Lancer Internet Explorer (célemal, sapusépalibre, Firefox célebien) > aller sur Google > Rechercher > “télécharger lecteur audio” > Choisir un site dans ceux proposés (un clic) > Choisir un logiciel dans ceux proposés (plusieurs clics) > Télécharger > Aller chercher le .exe (sur le bureau ?) > Double-clic pour installer (puis plein de clics “Suivant”, “Accepter les conditions d’utilisations”…) > Supprimer les fichiers d’installation, après > Ah mince, c’est la version Vista, je suis sous XP, je retourne télécharger un autre > Ah zut, mon antivirus me signale un spyware, je retourne en télécharger un autre > Cool ça marche > 30j plus tard : ah mince c’était un shareware, il faut payer pour continuer à l’utiliser… Je caricature, des fois ça se passe bien après l’installation. Mais ce sera rarement la dernière version, et s’il y a un bug tant que vous n’allez pas vous-même télécharger une mise à jour sur internet (recommencer la manip) ce ne sera pas corrigé.

*oui, il y a “Ajouter/Supprimer des programmes sous windows” mais… Essayez donc d’installer un programme avec :P

Et si vous êtes un-e vrai-e geek, au bout d’un moment, sans vous en rendre compte sous Linux vous vous retrouverez à installer des logiciels en un seul clic. Oui, oui. Dans mon cas : clic sur l’icône du terminal, taper “installe-moi exaile firefox blender” (je dis n’importe quoi, c’est pour l’exemple) mot de passe et hop je me retrouve avec Exaile (lecteur audio), Firefox (en réalité déjà installé bien sur) et Blender (logiciel création 3D) Un seul clic. Magique.

Je pourrais trouver encore bien d’autres raisons : la gratuité bien sûr, l’optimisation, les aspects écologie, altermondialisme, anticapitalisme (?), antimonopoles… Si vous êtes intéressés pour tester ou juste pour en savoir plus, je vous conseille le site de sebsauvage (généraliste et accessible) ainsi que celui de la communauté française de la distribution Ubuntu (distro conseillée aux débutants.)

J’espère trouver le temps (et la motivation !) nécessaire à la rédaction d’autres billets dans le même esprit, concernant [la culture du] [le logiciel] [la philosophie du] [les licences] Libre[s], mais aussi l’actualité politique tournant autour de ces sujets -n’étant pas une spécialiste de la grippe A ni de la crise économique :]- (ah oui, ne pas oublier de parler du parti pirate !) ainsi que ma philosophie (super, une utopie en 48 pages :P)
Force m’est de constater que la présentation de mon blog n’est pas franchement adaptée à ces longs articles. Vais-je remanier le design ou scinder, encore une fois, mon espace d’expression ?

Pour finir sur une touche plus légère après ce lourd pavé, voici une page de la désencyclopédie traitant de Linux avec beaucoup de dérision ^^

Existence : level up

11 juin 2009, 4h05 (Il y a 2 ans)

Mercredi 10 juin, 17h33


I need a break. J’ai perdu des heures sur mon code, à m’adcharner sur une erreur ridicule. Le code ne pardonne pas, c’est une logique à part entière. Je pense en php, en conditions et en variables… Et si j’allais au jardin public, voir un peu de verdure ? Il ne fait pas tellement beau. Je vais marcher plutôt, me perdre un peu si j’y arrive. Tiens, voilà, rue Goya, je ne connais pas.

Rien d’intéressant. Je passe devant une sorte de local associatif. La porte est grande ouverte, laissant apercevoir un vieux monsieur penché sur des papiers. En grand, sur la vitrine, il est écrit :

GARB : Groupe des Aphasiques de la Région de Bordeaux

Aphasiques. Je connais ce mot. Qu’est-ce que ça peut bien être ? Une religion ? Je ne sais pas pourquoi, ça me fait penser aux anciens combattants…

J’arrive au bout de la rue. Et puis merde, je vais lui demander, après tout la porte était ouverte, ça va lui prendre deux secondes à me répondre. Excusez-moi… (il lève la tête)

- Ça veut dire quoi, aphasique ?

- Ah ça… Aphasique c’est l’âme… trouble…extrême onction*… accident cardio-vasculaire…

Je ne comprends pas grand chose à ce qu’il baragouine. Il parle bizarrement. Sénile ? Il n’en a pas l’air. Je ne tarde pas à comprendre que j’ai en fait droit à la fois à l’explication et à la démonstration.

Il m’invite à prendre un siège et me tend des brochures, sans s’arrêter de parler. Il cherche ses mots. Il fait des efforts pour s’exprimer, j’en fais pour le comprendre. Un mode de conversation s’installe. Il m’explique leur association : 30 membres ayant des troubles plus ou moins importants du langage et/ou de la compréhension, qui se battent pour être inclus dans la société malgré leur handicap. Il a l’air d’avoir un grand besoin de parler.

Les ateliers, chorale, dessin, écriture, avec des orthophonistes. Les permanences, tous les mercredis de 14h à 17h. Je regarde la pendule derrière lui. Il remarque l’heure et dit qu’il remplissait des papiers pour l’association, mais d’habitude il ferme à 17h. Même les papiers, il a du mal. Tu sais, il ne faut pas que j’écrive n’importe quoi. La société est faite de normes, on attend de toi que tu rentres dans la norme. Mais faut pas se faire avoir par le système. On se bat pour avoir une place aujourd’hui.

C’est un beau combat. Je dis ça en rassemblant les papiers qu’il m’a donné. Ça sonne un peu sec, malgré le sourire. J’ai du pain sur la planche quand même…

La vie est un combat. Ceux qui se mêlent de philosopher, s’exercent à mourir.**

Ça sonne comme un mot de passe. Une seconde de blanc me laissant le temps de remettre un nom sur la citation : Platon. Ok, tu as gagné, l’ancêtre, je reste. Deux questions me viennent, je choisis la plus concrète :

- Vous êtes philosophe ?

- Philosophe ? En profession ? Ça ne veut rien dire ! C’est pas parce que t’écris des bouquins ou que t’es prof à la fac, que tu lis de Platon à… Comment il s’appelle, celui dont on parle tout le temps depuis 68 ? Bernard hi…

- Bernard Henri-Levy ? (Pourquoi depuis 68 ? Faudra que je regarde ça)

- Oui c’est ça, c’est pas parce que tu lis Bernard Henri Levy que tu es philosophe.

- Oui, enfin…

- Oui, enfin. Tout le monde peut philosopher.

- Être philosophe, je pense, c’est s’arrêter et se poser des questions.

- Et on retourne à Platon ! Le sentiment d’étonnement, le propre du philosophe… C’est mon auteur préféré.

Il n’en faut pas plus pour le lancer. Vu de l’extérieur notre échange doit sembler étrange. Ça me convient tout à fait : je fais les questions, et lui les réponses. Malgré le sujet la discussion est loin d’être scolaire. A cause du handicap, probablement, il va droit à son idée, ne s’encombre pas d’un formalisme de théoricien. Il est efficace et précis. J’aime. Pas trop de problème de compréhension en fait, on est sur la même longueur d’ondes. Je perds un peu des bouts de phrase de temps  en temps mais ça reste rattrapable.

Il repart sur la norme sociale. Et les ombres de la caverne.

On est ce qu’on croit être - y’en a qui disent. Je crois pas.

Le système. Faut pas se laisser enfermer. La société est basée sur le paraître. Inconsciemment, on obéit toujours à des codes sociaux, on rentre dans des normes. On est loin de ce qu’on est réellement.

- Oui, mais c’est confortable aussi, ce système. C’est rassurant, on n’a pas envie d’en sortir. Et puis, est-ce qu’on peut seulement être soi-même ? Dès l’instant qu’on est en société…

- C’est vrai qu’être soi-même implique forcément se marginaliser. Non, non, on peut réussir à faire les deux. Comme… Un exemple concret… Comme…

- Un artiste ?

- C’est ce que je cherchais ! Voilà, l’artiste, quand il crée, dans son atelier, il est. Il est, tout seul. Et après, il est quand même dans la société. Quand il vend ! Avec la vente il rentre dans la norme, avec l’apparence, son image, et puis l’argent. L’argent, c’est une condition pour être dans le système social.

On en arrive -je ne sais comment- au domaine de l’imaginaire. Un historien doit pas écrire de conneries. Tandis que le roman, là, pfuit ! Ce qu’on veut ! Liberté.

Si jamais un jour tu écris ton autobiographie. (là je me dis que, puisque je vais être centenaire, ça pourrait bien m’arriver) Moi je n’ai jamais publié. Mais tiens, il y a quelques mois je suis allé à… comment déjà ? A Sainte-Croix…

- L’Escale du Livre ? J’y étais. [incroyable, je dois vraiment faire de la télépathie pour établir ce genre de communication !]

- C’est ça ! J’y étais aussi. J’ai fait un test, j’ai parlé avec un éditeur, je lui ai dit que j’écrivais une autobiographie. Il m’a arrêté tout de suite, « je ne le publierai jamais » Tu penses, si j’avais été Michel Sardou. Mais des monsieur-tout-le-monde, des gens comme toi ou moi ça les intéresse pas.

- Ce n’est pas commercial. Pourtant je suis sure que la vie de certains tout-le-monde est bien plus intéressante que la vie de Sardou.

Notre échange continue encore un peu, puis il regarde l’heure. Tu m’excuses ? Il commence à ranger ses papiers. Je me dirige vers la sortie, mais il me retient verbalement. Ce que je fais à la fac ? Arts plastiques. Il sourit. C’est à Bordeaux 3 ? Les arts, les lettres… Si j’avais fait des études, j’aurais bien aimé être prof…

- de quoi ?

- de lettres. Mais comme je suis, avec mon handicap, je ne peux pas.

- C’est dommage, vous auriez pu. Vous êtes un bon orateur. (Je trouve le choix de mes mots très maladroit. Ce type a du mal à s’exprimer, pourtant il n’a qu’une envie, c’est de parler.)

- Et puis, même, je ne pourrais pas. Dans un amphi, avec, devant, 50, des étudiants, tu es jugé en permanence. Dès qu’il y a le moindre… la… un trait pas droit, hop. Je ne pourrais pas. Il faut être au top, il faut toujours être parfait.

- Au top, et dans la norme…

Ce clin d’oeil me permet de mettre un terme à la conversation. Non pas que je sois pressée, mais lui, si, et il n’aurait jamais clos la discussion. Faut dire que ça a du lui faire du bien, notre petite heure de causette. Cette échange m’a fait un bien fou aussi. Un vitalisme, un clin d’oeil qui me dit hey n’oublie pas de regarder le chemin ! Ce type a un morceau de ce que je cherche…

Heidegger a dit : « la métaphysique est de fond en comble platonique.» J’ai trouvé mon Platon des temps modernes, et il est aphasique.

A la prochaine, Patrice !

Existence : level up.

* je jure que c’est ce que j’ai compris sur le moment. En recollant les morceaux, il semblerait qu’il parlait plutôt de troubles de l’expression. (et pour l’âme… la maladie ?)

** bon en fait je ne suis plus très sure, pour la citation, mais l’essentiel est là.

13 mai 2009, 1h41 (Il y a 3 ans)
"Il est de ces “Bonjour !” ensoleillés qui à eux seuls valent le coup de s’être levé."
- Galenskap
5 mai 2009, 10h32 (Il y a 3 ans)

>> Appel pour le revenu de vie

Ces derniers temps les billets du Framablog se font de moins en moins geek-technophile. On y parle toujours autant de politique et de liberté, mais à ceci s’ajoutent des billets sociologiques, psychologiques, philosophiques et parfois quelques envollées franchement utopistes. A mon grand bonheur !

28 avril 2009, 13h01 (Il y a 3 ans)

>> 10 bonnes raisons de dire NON à la loi Hadopi ! - Numerama

Enfin un article clair, abordable aux non-initiés et synthétique qui explique les principaux méfaits de cette loi ! Tous les internautes français devraient lire au moins cette page. Bon après il y a des côtés obscurs qui ne sont pas explorés mais le principal est là !

Je cherche (en vain) un résumé de la même facture contre les réformes des universités. Après 2 mois de débats et d’AG je suis toujours un peu dans le brouillard, chacun y allant de son interprêtation d’un texte que personne n’a lu parce qu’il est illisible (j’ai essayé)… Quelqu’un aurait un lien sur le sujet à partager ?