- Tu as déjà essayé de suivre un oiseau ? Tu en prends un, au hasard. Tu l’observes. Il tourne autour d’un banc, sautille. Il picore dans la terre, même s’il n’y a rien. Il fait le tour d’un papier qui traine, est effrayé par un coup de vent, s’écarte, revient vers le banc. Et puis il s’éloigne un peu. Peut-être se sent-il observé ? Il déploie ses ailes, les rabat, les redéploie, s’envole tranquillement vers un arbre au loin. Tu te lèves, pour le suivre. Si tu as été assez rapide, tu ne l’as pas perdu de vue. Il est là, sur une branche ni trop basse, ni trop haute. Il n’est pas seul ; ses frères sont juste au-dessus. Ils ne bougent pas, on dirait qu’ils attendent quelque chose. Et puis, d’un coup, ils s’envolent tous. C’est pour brouiller les pistes. Mais tu as repéré dans quelle direction il est parti. Immobile, tu tournes lentement ta tête pour suivre sa trajectoire. Et tu le laisses s’envoler loin, loin, loin, car tu n’as pas d’ailes pour suivre son voyage.