Octombulation

3 novembre 2010, 15h31 (Il y a 1 an)

Pour rester sur mes découvertes du Salon Light#7, voici une présentation d’une publication plutôt originale, L’Octombule.

Ce journal se présente sur un format “poster” (A2 ?) pour le moins inhabituel - certes pas le plus pratique pour lire dans le métro aux heures de pointe. Pourquoi ce mode de publication ? On pourrait penser aux affichages municipaux d’un autre temps, appels et autres actualités collés aux murs dans le bourg. Et ce serait une bonne piste. En effet, l’esprit “village”, c’est l’essence même de ce journal : la rédaction est collaborative et plus ou moins locale, la distribution se fait à la criée et le prix au chapeau. La diversité des auteurs à la démographie expansive et des styles de textes hétérogènes (de la proposition d’ordre mathématique à l’écriture poétique truffée de jeux de mots) font de L’Octombule une aventure humaine avant tout.

Si le contenu est principalement littéraire, la forme n’en est pas délaissée pour autant - bien au contraire, même. A chaque numéro correspond un thème (“10”, la girafe, le rire…) suivi aussi bien par les textes que par le graphisme. La mise en page s’adapte à chaque fois, avec quelques trouvailles bien senties. Je suis complètement fan du numéro sur le thème du labyrinthe, qui ne se lit que par transparence :


Octombule #9 recto, par transparence // Octombule #9 verso, opaque

Octombule dont le nom est d’ailleurs tiré de celui d’Octon, fief rural du territoire des Vaillergues, situé quelque part entre Béziers et les Cévennes. Ça vous éclaire ?

Alors je devrais peut-être vous parler de l’Attribut des Vaillergues. Késako ? “Une association loi 1901 dont l’objet est d’animer et de développer la vie sociale et culturelle du territoire des Vaillergues et au delà”, nous dit le site officiel. Une présentation simple et honnête de cette petite tribu de créateurs sans prétentions, créateurs de lien social et/ou créateurs artistiques, en tout cas philanthropes. Utopistes ? Surement, un peu : il y a quelque chose d’idéal dans cette description du village d’artistes solidaires à la vie rythmée par l’accordéon, les puces d’art et le cri des girafes en terre rouge :)

Quoi qu’il en soit, nous avons là à n’en point douter une revue d’artiste(s), aussi bien par sa démarche que par sa réalisation.

Filez lire le journal de minuit et des poussières
(les numéros épuisés sont consultables en ligne)

Rien d’important

23 octobre 2010, 20h28 (Il y a 1 an)

Qui n’a pas connu les méandres labyrinthiques des administrations et leurs traitements maupiteux de nos dossiers ?
Qui ne s’est jamais vu réduit à un simple code, sauvagement astreint à des cases inappropriées, aux appellations avilissantes ?
Qui n’a jamais entendu ces doux mots “Veuillez patienter, un conseiller va prendre votre appel” ?

J’aimerais vous présenter Rien d’important, mon coup de coeur numéro 1 du salon des micro-éditeurs de la publication d’artiste (Salon Light#7)


Credit Y.Maïm *cc-by-nc-sa*

Rien d’important est la revanche grinçante d’une jeune artiste, Yaël Maïm, contre ces fameuses absurdités administratives et autre traitements attaquant la dignité humaine. Fiction nourrie d’éléments autobiographiques, l’histoire part de son vécu et se réapproprie les attributs paperassiens de son ennemi juré - le “burophile”, ce pervers du feuillet. L’artiste nous livre une nouvelle au traitement graphique intéressant, où se mêlent un texte plein d’ironie, des dessins flirtant du côté du surréalisme et des fiches de déclarations revisitées à la main. Du journal intime au livre d’artiste.


Plongez dans ces histoires administraffectives : Rien d’important


Note : Les créations de Yaël Maïm sont mises à disposition sous un contrat Creative Commons, choix qui est bien la preuve d’une position réfléchie sur un travail d’artiste, et pour moi un gage de qualité ! Visitez donc le bureau des Affaires Administraffectives (son blog), pendant que vous y êtes, y’a bon :-)


PS : Si vous n’avez pas encore déclaré votre trimensualisation auprès de l’AGRIFEOIFFD ou de la Caisse Nationale des SNEF, nous vous prions de vous conformer à la circulaire B.471 et de nous renvoyer votre dossier dûment complété avant le 23 octobre 2010 (cachet de la poste faisant foi) - aucun duplicata ne sera délivré. Passez une bonne journée et transmettez nos amitiés à votre belle-mère.

*Note dedicated to Bagatel :)*


Bonus : Ce billet ne peut se clore autrement que par un extrait approprié des 12 travaux d’Asterix…


Les 12 Travaux - Caricature administration

Evento Bus

16 octobre 2009, 0h01 (Il y a 2 ans)

17:10

un bus neuf

17:19

deux bus neuf

17:30

trois bus neuf

17:36

quatre bus neuf

Combien de bus neuf allons-nous encore laisser passer ?

17:46

encore un bus neuf… mais non, lui aussi est normal

Enquêtrices émoustillées en territoire nouveau,

journalistique -

nous guettons notre proie,

Imaginons

l’incarnation métaphorique d’un art allant au public

belle idée.

un café

17:58

Nous serions-nous trompées ?

Question posée au chauffeur

“Le bus habillé par Seulgi Lee ?”

un sourire narquois

“Oui, je connais. Très beau. Vous allez voir…”

Sur ces mots passe un bus neuf, de guirlandes décoré,

coiffe indienne aux plumes de déchets

volants plastifiés -

Sans s’arrêter.

“Mais bon, ça ne vaut pas la peine de traverser la ville pour le voir !”

SANS VOYAGEURS

Cinematographe

20 mai 2009, 14h17 (Il y a 3 ans)

Ces derniers temps, entre la semaine UGC à 3€, mon carnet de places  Utopia et les diverses invitations reçues, j’ai vu énormément de films au ciné ! Je ne vais pas développer une critique pour chaque, mais voici quand même rapidement mes impression.

Ceux que j’ai vus :

La journée de la jupe (FR): Très intéressant ! Aussi bien d’un point de vue cinématographique (lieu-clos, choix esthétiques) que social (même si c’est une thématique bien à la mode en ce moment…) Pour le moins efficace.

Delta (ROUMANIE): Euh… non :| Un film roumain avec à tout casser trois phrases de dialogue au total, une grande brutalité, violence et barbarie dans la représentation des hommes. Ah oui, de belles images pour contrebalancer tout ça, mais le Danube ne sauve pas le film.

Séraphine (FR): Sublime et tout à fait singulier. Yolande Moreau incarne à merveille le personnage attachant de Séraphine et nous permet d’entrer dans son univers. Je découvre en même temps l’artiste et ses oeuvres (j’en avais déjà entendu parler, mais jamais vu) Au niveau esthétique c’est vraiment une réussite, il y a pas mal d’images qui sont des oeuvres en elles-mêmes. Les nombreuses récompenses sont méritées !

Un chat un chat (FR): Joyeux. Une comédie française mais pas à la française, un humour que j’apprécie (ce qui ne veut pas dire que ce sera le cas pour tout le monde xD) Par contre, je trouve que l’actrice qui a le second rôle féminin joue très mal, mais ce n’est que mon avis. Un bon moment, des rires francs, mais pas un film inoubliable. (je deviens difficile aussi, faut dire !)

OSS117 (FR): Quel humour mais quel humour ! Bon, ne soyons pas hypocrites, je n’ai pas passé un mauvais moment. Je n’aime pas trop ce genre d’humour vaseux mais il y a de bons clins d’oeil. Un peu lourd quoi :/

El Nino Pez (ARGENTINE): “Entre noirceur et grâce” Une histoire qui se tisse peu à peu, où les ponts entre imaginaire (la légende de l’enfant poisson, les projets et rêves des deux filles) et dure réalité (la mort, le viol, les travers de la société) se multiplient. Un beau portrait, de l’Argentine et des personnages. Dur, mais beau.

Good Morning England (GB): celui-là je l’ai tellement aimé que je suis allée le voir deux fois !!! L’histoire est super (les radios pirates de grande-bretagne qui émettaient depuis la mer du nord, leur combat contre le gouvernement, la philosophie de l’époque, les personnages…) la bande-son est démentielle (il me la faut !!!) - oui c’est surtout, surtout, pour le son que j’aime ce film- et l’esthétique est bien vue (notamment la scène d’intro, j’adore ce style) Un truc marrant, pour l’avoir vu dans deux cinés différents, c’est que les sous-titres ne sont pas les mêmes partout ! Oui, oui, au Mégarama Kevin est surnommé le Cerveau (parce qu’on se demande s’il en a un) et à l’UGC il devient le Niais (c’est pas pareil !) Et tout un tas de répliques capitales voient ainsi leur sens varier sensiblement selon la traduction. Ca peut plaire à tout le monde, je vous le conseille. Mais en aucun cas n’allez le voir en VF !

Wolverine (X-men) (USA): A chier, mais je suis contente de l’avoir vu. Ce qui est incroyable c’est que même les effets spéciaux sont ratés !

Le sens de la vie pour 9.99$ (ISRAEL-AUSTRALIE): Film d’animation pâte à modeler. Destins croisés dans un immeuble. J’aime bien ces petites histoires sans grande prétention avec une bonne touche de poésie sans tomber non plus dans la niaiserie ou les enfantillages. Un bon film, mais pas pour tout le monde.

La vague (ALLEMAGNE): Ouch. Un énorme coup de poing. Direct dans mon top films de l’année. Il remue encore…

Ceux que je voudrais voir : Looking for Eric (ouais c’est sur Eric Cantona… mais c’est Ken Loach quoi !), Ponyo sur la falaise (Miyazaki), Etreintes brisées (en salles depuis ce matin, le dernier Almodovar. Je ne vais pas tenir très longtemps !), Welcome (faut que je me dépêche !), La Sicilienne, Toute l’histoire de mes échecs sexuels (j’ai lu une critique dans Libé) Coraline (film d’animation à l’esthétique burtonienne)…

PS : et je viens de recevoir une invit pour l’avant-première de Tellement Proches. Merci la mairie, je savais que je serais la seule à participer au jeu :)

D’autres films ? A conseiller ?