Pour rester sur mes découvertes du Salon Light#7, voici une présentation d’une publication plutôt originale, L’Octombule.
Ce journal se présente sur un format “poster” (A2 ?) pour le moins inhabituel - certes pas le plus pratique pour lire dans le métro aux heures de pointe. Pourquoi ce mode de publication ? On pourrait penser aux affichages municipaux d’un autre temps, appels et autres actualités collés aux murs dans le bourg. Et ce serait une bonne piste. En effet, l’esprit “village”, c’est l’essence même de ce journal : la rédaction est collaborative et plus ou moins locale, la distribution se fait à la criée et le prix au chapeau. La diversité des auteurs à la démographie expansive et des styles de textes hétérogènes (de la proposition d’ordre mathématique à l’écriture poétique truffée de jeux de mots) font de L’Octombule une aventure humaine avant tout.
Si le contenu est principalement littéraire, la forme n’en est pas délaissée pour autant - bien au contraire, même. A chaque numéro correspond un thème (“10”, la girafe, le rire…) suivi aussi bien par les textes que par le graphisme. La mise en page s’adapte à chaque fois, avec quelques trouvailles bien senties. Je suis complètement fan du numéro sur le thème du labyrinthe, qui ne se lit que par transparence :

Octombule #9 recto, par transparence // Octombule #9 verso, opaque
Octombule dont le nom est d’ailleurs tiré de celui d’Octon, fief rural du territoire des Vaillergues, situé quelque part entre Béziers et les Cévennes. Ça vous éclaire ?
Alors je devrais peut-être vous parler de l’Attribut des Vaillergues. Késako ? “Une association loi 1901 dont l’objet est d’animer et de développer la vie sociale et culturelle du territoire des Vaillergues et au delà”, nous dit le site officiel. Une présentation simple et honnête de cette petite tribu de créateurs sans prétentions, créateurs de lien social et/ou créateurs artistiques, en tout cas philanthropes. Utopistes ? Surement, un peu : il y a quelque chose d’idéal dans cette description du village d’artistes solidaires à la vie rythmée par l’accordéon, les puces d’art et le cri des girafes en terre rouge :)
Quoi qu’il en soit, nous avons là à n’en point douter une revue d’artiste(s), aussi bien par sa démarche que par sa réalisation.
Filez lire le journal de minuit et des poussières
(les numéros épuisés sont consultables en ligne)
Qui n’a pas connu les méandres labyrinthiques des administrations et leurs traitements maupiteux de nos dossiers ?
Qui ne s’est jamais vu réduit à un simple code, sauvagement astreint à des cases inappropriées, aux appellations avilissantes ?
Qui n’a jamais entendu ces doux mots “Veuillez patienter, un conseiller va prendre votre appel” ?
J’aimerais vous présenter Rien d’important, mon coup de coeur numéro 1 du salon des micro-éditeurs de la publication d’artiste (Salon Light#7)

Credit Y.Maïm *cc-by-nc-sa*
Rien d’important est la revanche grinçante d’une jeune artiste, Yaël Maïm, contre ces fameuses absurdités administratives et autre traitements attaquant la dignité humaine. Fiction nourrie d’éléments autobiographiques, l’histoire part de son vécu et se réapproprie les attributs paperassiens de son ennemi juré - le “burophile”, ce pervers du feuillet. L’artiste nous livre une nouvelle au traitement graphique intéressant, où se mêlent un texte plein d’ironie, des dessins flirtant du côté du surréalisme et des fiches de déclarations revisitées à la main. Du journal intime au livre d’artiste.
Plongez dans ces histoires administraffectives : Rien d’important
Note : Les créations de Yaël Maïm sont mises à disposition sous un contrat Creative Commons, choix qui est bien la preuve d’une position réfléchie sur un travail d’artiste, et pour moi un gage de qualité ! Visitez donc le bureau des Affaires Administraffectives (son blog), pendant que vous y êtes, y’a bon :-)
PS : Si vous n’avez pas encore déclaré votre trimensualisation auprès de l’AGRIFEOIFFD ou de la Caisse Nationale des SNEF, nous vous prions de vous conformer à la circulaire B.471 et de nous renvoyer votre dossier dûment complété avant le 23 octobre 2010 (cachet de la poste faisant foi) - aucun duplicata ne sera délivré. Passez une bonne journée et transmettez nos amitiés à votre belle-mère.
*Note dedicated to Bagatel :)*
Bonus : Ce billet ne peut se clore autrement que par un extrait approprié des 12 travaux d’Asterix…
Hey Bonus ! - Octet
Un clip signé Camille Henrot, une jeune artiste (qui fait partie de mon dossier d’option !) qui rejoint direct ma boîte à inspiration :)