À propos de présentations numériques de livres, j’aimerais vous présenter le travail de Camille Scherrer, qui propose une extension virtuelle à son livre. On pourrait qualifier l’ensemble de “livre augmenté”, puisque c’est une application des techniques de réalité augmentée sur un objet livre. En cherchant un peu sur les moteurs de recherche, on tombe facilement sur l’oeuvre de Marius Hügli et Martin Kovacovsky, Jekill und Hyde (un classique revisité), similaire mais qui va plus loin dans l’interactivité.
Je vous laisse donc découvrir la présentation de Jekill und Hyde (le plus intéressant est à la fin de la vidéo) :
Et celle du Monde des Montagnes, de Camille Scherrer1, que je trouve personnellement plus poétique (vous trouverez une meilleure vidéo et une démonstration de son premier livre augmenté, The Haunted Book, sur son site) :
Nous sommes ici à mi-chemin entre le livre numérique et le livre tangible. L’objet et le programme ne se contentent pas de coexister ; le deuxième dépend du premier. Ce sont les gestes que nous avons sur l’objet physique qui agissent sur le multimédia.
“We always wanted to design a book with AR, because it is a nice way to combine analog feeling with digital content.” 2 (M.Kovakovsky)
Cependant, la présence de l’écran se fait gênante. On est invités à regarder le moniteur alors qu’on tient un beau livre dans les mains…
On constate aussi une certaine uniformité esthétique dans les trois ouvrages : ombres qui passent par-dessus les pages, éléments qui s’ajoutent aux images du livre, jeux d’ombres… Est-ce dû à la technologie employée ? Je me suis donc documentée sur le plan technique, et il se trouve que les trois sont fabriqués avec le même logiciel, Unifeye Design.3 Pourtant, de la bouche du créateur même, la technologie est voulue le plus transparente possible :
“But still it [Augmented Reality] is just a tool which should be used cleverly, and not get more attention than the main content. Too Many AR project we know are more a demonstration of technology than giving benefits to a product.” 4 (M.Kovakovsky)
Vos avis ?

Pour rester sur mes découvertes du Salon Light#7, voici une présentation d’une publication plutôt originale, L’Octombule.
Ce journal se présente sur un format “poster” (A2 ?) pour le moins inhabituel - certes pas le plus pratique pour lire dans le métro aux heures de pointe. Pourquoi ce mode de publication ? On pourrait penser aux affichages municipaux d’un autre temps, appels et autres actualités collés aux murs dans le bourg. Et ce serait une bonne piste. En effet, l’esprit “village”, c’est l’essence même de ce journal : la rédaction est collaborative et plus ou moins locale, la distribution se fait à la criée et le prix au chapeau. La diversité des auteurs à la démographie expansive et des styles de textes hétérogènes (de la proposition d’ordre mathématique à l’écriture poétique truffée de jeux de mots) font de L’Octombule une aventure humaine avant tout.
Si le contenu est principalement littéraire, la forme n’en est pas délaissée pour autant - bien au contraire, même. A chaque numéro correspond un thème (“10”, la girafe, le rire…) suivi aussi bien par les textes que par le graphisme. La mise en page s’adapte à chaque fois, avec quelques trouvailles bien senties. Je suis complètement fan du numéro sur le thème du labyrinthe, qui ne se lit que par transparence :

Octombule #9 recto, par transparence // Octombule #9 verso, opaque
Octombule dont le nom est d’ailleurs tiré de celui d’Octon, fief rural du territoire des Vaillergues, situé quelque part entre Béziers et les Cévennes. Ça vous éclaire ?
Alors je devrais peut-être vous parler de l’Attribut des Vaillergues. Késako ? “Une association loi 1901 dont l’objet est d’animer et de développer la vie sociale et culturelle du territoire des Vaillergues et au delà”, nous dit le site officiel. Une présentation simple et honnête de cette petite tribu de créateurs sans prétentions, créateurs de lien social et/ou créateurs artistiques, en tout cas philanthropes. Utopistes ? Surement, un peu : il y a quelque chose d’idéal dans cette description du village d’artistes solidaires à la vie rythmée par l’accordéon, les puces d’art et le cri des girafes en terre rouge :)
Quoi qu’il en soit, nous avons là à n’en point douter une revue d’artiste(s), aussi bien par sa démarche que par sa réalisation.
Filez lire le journal de minuit et des poussières
(les numéros épuisés sont consultables en ligne)
Qui n’a pas connu les méandres labyrinthiques des administrations et leurs traitements maupiteux de nos dossiers ?
Qui ne s’est jamais vu réduit à un simple code, sauvagement astreint à des cases inappropriées, aux appellations avilissantes ?
Qui n’a jamais entendu ces doux mots “Veuillez patienter, un conseiller va prendre votre appel” ?
J’aimerais vous présenter Rien d’important, mon coup de coeur numéro 1 du salon des micro-éditeurs de la publication d’artiste (Salon Light#7)

Credit Y.Maïm *cc-by-nc-sa*
Rien d’important est la revanche grinçante d’une jeune artiste, Yaël Maïm, contre ces fameuses absurdités administratives et autre traitements attaquant la dignité humaine. Fiction nourrie d’éléments autobiographiques, l’histoire part de son vécu et se réapproprie les attributs paperassiens de son ennemi juré - le “burophile”, ce pervers du feuillet. L’artiste nous livre une nouvelle au traitement graphique intéressant, où se mêlent un texte plein d’ironie, des dessins flirtant du côté du surréalisme et des fiches de déclarations revisitées à la main. Du journal intime au livre d’artiste.
Plongez dans ces histoires administraffectives : Rien d’important
Note : Les créations de Yaël Maïm sont mises à disposition sous un contrat Creative Commons, choix qui est bien la preuve d’une position réfléchie sur un travail d’artiste, et pour moi un gage de qualité ! Visitez donc le bureau des Affaires Administraffectives (son blog), pendant que vous y êtes, y’a bon :-)
PS : Si vous n’avez pas encore déclaré votre trimensualisation auprès de l’AGRIFEOIFFD ou de la Caisse Nationale des SNEF, nous vous prions de vous conformer à la circulaire B.471 et de nous renvoyer votre dossier dûment complété avant le 23 octobre 2010 (cachet de la poste faisant foi) - aucun duplicata ne sera délivré. Passez une bonne journée et transmettez nos amitiés à votre belle-mère.
*Note dedicated to Bagatel :)*
Bonus : Ce billet ne peut se clore autrement que par un extrait approprié des 12 travaux d’Asterix…
(images issues d’un processus aléatoire)
Bestiole v0.2
On avance, on avance… Outre l’intégration de textes, il y a aussi de nouvelles images dans la base de données et pas mal d’ajustements dans les traitements du programme (carrés, droites, ronds…) jusque là trop systématiques.
Quelle dimension j’ajoute, maintenant ? La 3D, le son, le mouvement ? C’est que c’est une autre paire de manches, tout ça ; on va laisser reposer un peu la bestiole…
(Non, toujours pas dispo en ligne. Ma connexion ne me permet pas d’upload.)
Opening photos by emanuel mathias www.emanuelmathias.com
Skaal et OSEF exposés à Istanbul !
Du 15 septembre au 15 octobre 2010, exposition de fanzines/graphzines du monde entier (+ de 200 participants) Photos et vidéo de l’expo sur le tumblr evenmymumcanmakeabook
annem bile bir kitap yapabilir // even my mum can make a book chez Manzara Perspectives (Istanbul, Turkey)
Aujourd’hui, lorsqu’il fut question dans un de mes cours de livre numérique et d’avenir du livre, j’ai repensé à ce vieux brouillon sur le piège du web que j’avais commencé cet été. J’ai décidé de le publier tel quel (d’où l’étrange note finale), afin de revenir sur cette idée de “Cerveaux 2.0” alors laissée en plan. Vous le trouverez juste en-dessous de ce billet ; il est à lire comme une introduction.
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On entend de plus en plus parler de “perte de la lecture”, de “dictature de l’écran”. L’idée - qui date déjà un peu - serait qu’en étant constamment exposés aux écrans, à la surenchère d’informations et au zapping, les gens perdraient progressivement de leur capacité de concentration sur un même sujet, et la lecture de longs textes deviendrait fastidieuse - c’est notamment la théorie que soutiennent ceux qui annoncent la mort du livre.
En me positionnant en spectatrice de mon propre usage d’internet, il me semble que l’idée n’est pas tout à fait fausse - je reconnais avoir du mal à lire “réellement”, de A à Z, les longues pages web, même lorsque le sujet me passionne (comme, par exemple, cet article sur la sérendipité en informatique) Il faut avouer que la non-mise en page doit jouer pour beaucoup, aussi. Quoi qu’il en soit, il me semble qu’effectivement l’usage d’internet modifie mes capacités de concentration.
Cependant, cet usage - intensif, je le reconnais - fait appel à d’autres capacités : celle, par exemple, de la lecture “rapide” ou “en diagonale” (ma mère me dit parfois : “tu vas trop vite ! tu as vraiment le temps de lire tout ça ?” au défilement d’une page web) C’est un fait : lorsqu’on cherche une information précise et qu’on a disposition plusieurs longs textes, on développe rapidement des habitudes de “traque”, où l’oeil ne lit pas les mots un à un mais “capture” l’ensemble, et ne s’arrête que lorsqu’il rencontre un mot en résonance avec le sujet recherché. C’est finalement une méthode très intuitive. De même, la simplification d’idées complexes en mots-clés efficaces, la capacité à mettre en lien différentes informations, à en multiplier les sources… sont des capacités dont le développement est certainement facilité par l’usage d’internet.
Alors, certes, la lecture approfondie et constante m’est difficile, tandis qu’elle m’était aisée il y a quelques années… Mais, en échange, je peux savoir en un clin d’oeil si le texte que j’ai sous les yeux est intéressant ou non - et, vu la quantité d’informations qu’on peut trouver sur le web, c’est loin d’être négligeable. Je me suis donc adaptée aux besoins qu’internet a fait naître. Vers une évolution de la lecture ?
J’aimerais beaucoup avoir des retours sur les habitude de fonctionnement des usagers d’internet. Cet article reste très subjectif, même étayé de liens sur le sujet… (on ne perd pas les bonnes habitudes !)
» A lire sur le sujet : Est-ce que Google nous rend idiot ? traduction sur le Framablog d’un article de Nicholas Carr, et la réaction de Monique Dagnaud sur Telos (tiens donc, il est question de sérendipité là encore… décidément…), ainsi qu’un débat audio sur le site de Télérama.
PS : évidemment, lorsque je parle d’usage d’internet, je ne parle pas de facebook ni d’msn… Par contre, pour Twitter, il me semble que c’est au contraire dans le vif du sujet ! Quel meilleur moyen d’obtenir de nouvelles sources d’informations autour des sujets qui nous préoccupent ?
PPS : Pardon pour le titre barbare/barbant… Je mettrai des images la prochaine fois :))
—- post-publication (billet datant de juin) —-
L’évolution du rat de bibliothèque, c’est le webovore.
Je suis une geek, c’est un fait. Il n’est pas rare que, certains soirs - surtout quand j’ai beaucoup de boulot à abattre et pas une once de courage - je me retrouve à pas d’heure en train de surfer d’article en article, de blog en blog, prise au piège de ma boulimie.
Le web est fourbe : il ne t’apporte pas de réponse, mais il documente et élargit le sujet à chaque clic. C’est comme ça que tu te retrouves à 3 heures du mat avec une cinquantaine d’onglets ouverts (hiérarchisés dans une barre latérale grâce à l’extension Firefox TreeStyleTab, merci Chaton), couvrant des sujets aussi divers que l’histoire de la vache qui rit, “Les filles sont nulles aux jeux vidéos” sur ecrans.fr, la féminisation du vivant (un reportage arte), les scripts de galerie jQuery, le clip de Kid Cudi Pursuit of Happiness, une vidéo sur une députée qui a pris la place d’une caissière pour une journée, un billet d’humeur hilarant de Pénélope Ioudgine, le wiki sur l’installation d’une Debian sur un macbook, les paroles de la chanson “Bang Bang”, de la BD chez manu-xyz, un article poptronics sur les affiches de Chaumont 2010, une présentation de l’html5, et d’autres…
Hmm, qu’est-ce que je cherchais, déjà ?
*Ce qui m’inquiète c’est que mon raisonnement suit généralement ce fonctionnement “en réseau de connaissances” : ça peut être un atout lorsqu’il s’agit d’ouvrir le débat comme un gros problème lorsqu’il s’agit de présenter un raisonnement logique sans déviation d’une problématique pré-tracée genre commentaire de texte… Cerveaux 2.0 ?*
Calexico - The Ballad of Cable
Petite ambiance western du dimanche matin : je constate que Calexico n’a pas que des clips moches :)
Do me a favor while I’m hanging here
Take this gold and go and hide
Don’t twist too hard darlin’ on your hangin’ rope
(images issues d’un processus aléatoire)
La Bestiole !
Mais qu’est-ce donc ???
La bestiole est un petit programme informatique à vocation artistique qui se nourrit essentiellement de créativité. Elle est encore à l’état d’embryon, mais est amenée à évoluer progressivement, tel un petit organisme.
De temps en temps, on viendrait la voir pour lui donner à manger des petits bouts de nous : images, vidéos, textes, sons, peut-être même liens ou mots-clés. La bête digèrerait, les choses se mélangeraient au hasard dans son estomac. Si par hasard des gens s’aventuraient à lui rendre visite, elle se mettrait alors à recracher une bouillie issue de son alimentation : des images mêlées, des vidéos “glitchées”, des textes qui s’entrecroisent… Elle nous donnerait à voir son “oeuvre”, mélangeant les nôtres.
La bestiole nous parle d’art, de machine, d’humain, de processus créatif, de système digestif, de collectif, de hasard…
Elle se construit petit à petit, au fur et à mesure de mon apprentissage (php+processing). Pour des raisons de développement, il est difficile de la mettre en ligne à ce stade, mais elle est déjà “productive”. Bien que je n’ai utilisé qu’une toute petite banque d’image pour les tests, les résultats sont très variables : parfois minimalistes, parfois surchargés… Assez étonnants en tout cas ; je ne me lasse pas de chercher le rendu sympa. J’essaierai de mettre en ligne une version de la bestiole à chaque “étape” signifiante de son évolution.
Prochaine étape : l’intégration textuelle.
Longue vie à toi, “bestiole” !
Alors ça y est, le design est refait : c’est peut-être pas le top du webdiz-sa-reum mais au moins c’est moi que je l’ai codé. Et je n’ai plus d’excuse pour ne pas poster ! (ah mais si c’était absolument né-ces-saire de tout refaire : dès qu’un texte était un peu long c’était illisible et puis bon le contraste noir/blanc ça pique les yeux et en plus tout le monde avait le même alors…)
Après une interruption inopinée des programmes pendant trois bons mois, le blog reprend enfin du service. Et j’ai plein de trucs à partager !
PS : j’ai quand même passé deux jours dessus ; se lancer dans une refonte totale, c’est un sacré bon moyen de réviser son CSS :) A ce propos, je conseille à toute personne ayant du mal avec le positionnement en CSS les articles du (très bon) site alsacreations.
Comme très justement souligné par ma soeur (la “grande”), ce n’est pas parce que je n’ai plus de scanner que je ne pouvais pas publier le lien des photos de notre soirée performances “Morceaux Agiles donnent les minutes par terre” (la mystérieuse soirée où j’ai repassé des sacs plastiques, pour ceux qui suivent)
Je n’ai toujours pas récupéré ni photo ni vidéo, d’ailleurs, alors que ça “capturait” pas mal ce soir-là… Avis à la population !
L’album photo (via Arts en Fac) (photos by David Mauzat)
PS : je n’ai pas encore publié une seule page de mon dernier carnet de croquis en date / j’ai une quinzaine de posts “brouillons” en attente de rédaction. Le problème de non-mises à jour vient de mon incapacité à livrer quelque chose d’abouti (et, quand même, de mon scanner en panne…)
Je vous invite à aller consulter ce travail qui date euh ouh là de fin 2009 me semble-t-il et qui m’avait coûté quelques heures de sommeil… Mais pour la bonne cause ! Il s’agit d’un Petit Panel d’artistes explorant la narration dans le dessin et l’art contemporain à garder sous le coude parce que c’est super chouette ce qu’ils font. Liste non-exhaustive de créateurs sympathiques et plus ou moins “couillus”, plus ou moins contemporains aussi (Topor !) avec des petits commentaires et des illustrations.
Il y a eut tellement de trucs en même temps à cette époque-là que je n’ai même pas eu le temps (le courage ?) de le publier. C’est chose faite, vous pouvez le consulter ici même :
PS : je décline toute responsabilité quand au “dessin” qui orne la couverture de ce livret… Il était tard, enfin tôt le matin, il ne me restait plus qu’une heure avant d’aller imprimer… J’aurais pu me passer de cette blague hideuse >< Sincèrement désolée.
Un clic sur “ALEATOIRE” (en haut du menu, à gauche) et hop, un post au hasard ! Bon moyen pour déterrer les vieilleries sans avoir à remonter le flux des anciennetés.
*ok je reconnais c’est un peu mort ici en ce moment*